Âmes éditées

Méditation avant d’enseigner  

Je salue ceux qui m’ont précédé sur le chemin,
Ceux qui m’ont aidé dans ma formation,
Tous ceux qui œuvrent dans l’esprit du yoga

Me voici, prêt à enseigner ce que j’ai expérimenté,
Puisse ma disponibilité être entière,
Puisse mon cœur être pur sans arrière pensée.

Que ma voix soit celle du partage,
N’étant ni persuasif, ni convaincant,
Mais simplement témoin d’une expérience.

Pour le meilleur, dans le but d’aider,
Sans vouloir prendre en charge l’enseigné,
Mais au contraire en l’aidant à s’assumer.

Puisse mon expérience servir à chacun.
Sans oublier que quand j’enseigne,
Je suis enseigné.

Disponible au tout, disponible à chacun
Sans altérer mon propre cheminement.

Humble devant la tâche que j’ai choisie,
Conscient de l’importance de mes actes,
Conscient d’être une cellule d’un grand corps.

Je me confie à l’universel et suis conscient
De la force qui m’est transmise pour ce partage.

Pierre Losa


La vie est un appel vibrant qu’il faut laisser s’exprimer par le chant, pour qu’il devienne un silence-en-mouvement par la danse.
Quelle chance nous avons, toi et moi qui flânant quelque part dans l’azur sommes descendus de l’infini, des étranges étoiles d’éternel-à-présent pour folâtrer parmi des mystères tels que naître et mourir un jour.  
Si tu aimes ce que tu es, tu peux devenir ce que tu désires. Et si tout se passe bien, cela signifie que la paix est possible.

Xūyen – Centre d’Études et de Pratique du Yoga, Saintes


Jusqu’à ce qu’un être se soit engagé, il y a de l’hésitation, la possibilité de se retirer,toujours de l’inefficacité concernant tous les actes de création et d’initiation.Il y a une vérité élémentaire dont l’ignorance tue les idées innombrables et les plans splendides:Au moment ou un être s’engage définitivement, la Providence bouge aussi.Toutes sortes de choses arrivent pour aider qui, autrement, jamais ne se seraient produites.Tout un courant d’évènements issu de cette décision s’élève en sa faveur sous la forme d’incidents fortuits, de rencontres, d’assistance suprasensible qu’aucun homme n’aurait pu rêver sur sa route.Quoique vous puissiez faire ou rêver, commencez-leL’audace contient du génie, de la puissance, de la magie. Commence-le maintenant.

Goethe

Je m’appelle voix…   

Mon nom résonne bien. Quelquefois on me confond avec un autre nom qui veut dire chemin.
Je m’appelle voix. Je vais vous dire mon histoire, vous dire mon parcours, vous parler des lieux où j’aime à séjourner.   
Je ne suis pas banale, je suis quelques fois capricieuse et contradictoire, je suis le reflet de l’humain, je suis musique des émotions humaines. Chercher à me connaître c’est chercher à connaître l’homme avec ses zones d’ombres et ses lieux de lumière, avec ses grandeurs et ses décadences, avec ses peurs et son courage, courage d’être humain, courage d’être soi, courage d’affronter la vie, ses dualités et ses contradictions.
A travers l’homme je me forme, je nais, je grandis et m’épanouis. Je l’accompagne sur le chemin, selon son désir de grandir, de vivre et d’être au monde. Je m’épanouis selon sa maturité, je me charge de ses émotions, et parfois de ses pulsions, je porte ses mots, mais aussi ses maux, bref, je suis le reflet de l’humain qui cherche à être et à se dire.
Alors qu’il n’était pas encore né, j’étais moi aussi en gestation à travers son oreille. Oh, comme il savait écouter à ce moment là! Il ne faisait même que cela; écouter. Toute son attention était particulièrement centrée sur la voix de sa mère qui lui parvenait par conduction osseuse. Ah cette voix maternelle! suprême nostalgie quand elle était suave et mélodieuse, lorsqu’elle chantait la vie, ou suprême refus lorsqu’elle était triste, dysharmonieuse et mélancolique. Déjà à cette époque, je me forgeais à travers les fréquences aigües de cette voix. A cette époque, je me préparais à être, à travers les émotions contenues au sein de la voix de la mère.
Quand le moment de la naissance est arrivé, je me suis manifesté par le cri! Par moi, la vie a claironné sa présence, le verbe a manifesté son incarnation.
Au fur et à mesure du désir de grandir de notre petit homme, je me suis fait expression, mélodie, musique de ses émotions, reflet de son être profond qui cherche toujours à percer à travers moi. Je me suis donc fait musique de l’homme, je me suis frayé un chemin à travers la totalité de son corps, je me suis glissé dans son souffle. Je suis devenu l’ami et le reflet de celui en qui je chemine.
Un jour le petit homme est devenu adulte, et je me suis fait tantôt masculine, tantôt féminine. Depuis, je continue à l’accompagner, tantôt maturité ou discordance, tantôt affirmation ou retrait,  tantôt amour ou haine, je peux accéder à toute la palette des ses sentiments et refléter les moindres recoins de son histoire.
Je m’appelle voix, et je suis devenue mélodie des jours heureux, dissonance des moments tristes, témoignage des désirs, « baromètre » des intentions et messagère des attentes. J’accompagne le bonheur comme la souffrance, le vouloir comme la peur, le mental dispersé  comme la pensée créatrice.
A travers  le rythme, je suis l’associée du souffle. Je témoigne ainsi de la force et de la fragilité, je scande l’art de vivre et de prendre le temps, où, trop rapide, je véhicule la peur et le refus.
A travers ma hauteur, j’indique la maturité, le positionnement. Tantôt je laisse transparaître l’enfant, tantôt je laisse transparaître l’adulte.
A travers mon intensité, je peux devenir feu éclairant ou deu de la colère qui gronde. Je peux être aussi libération, expression du bouillonnement de la source vitale de l’homme qui ne cesse de chercher à se manifester à travers lui. J’indique la façon dont l’instrument humain est plus ou moins tendu dans une attitude juste dans sa relation au monde et à lui-même.
A travers mon timbre, j’indique la provenance de ce qui est dit ou exprimé. Je suis identité. La carte de visite de l’homme c’est encore moi, celle qui dit ce que l’humain est, au moment où il parle.
Je me déploie particulièrement quand l’homme chante. Je lui donne de l’énergie et l’aide à se retrouver, à se recentrer, à exprimer l’indicible. Je me sert du corps de l’homme dans son ensemble car je suis le reflet de son positionnement et de la façon dont il s’habite lui-même.
J’aime particulièrement m’épanouir à travers sa bouche. Quand le moule de sa bouche est bien formé, alors je deviens puissante énergie. Je suis alors le reflet de la manière de l’homme d’être en forme; dans sa forme.
Quand je m’insinue dans son visage, dans sa face, je me fais direction, lumière sourire. Lorsque j’envahis l’arrière de sa bouche, je me fais souplesse et résonance.
Un de mes lieux préférés est la cage thoracique. C’est de cette cage que je me transmue en émotions afin de les libérer. Si la peur ne m’empêche pas de prendre mon essor, je transforme l’homme dans une alchimie subtile. Dans le thorax, je me trans-forme en force pure et participe à l’affirmation de l’homme comme à sa capacité à séduire, et à aimer.
Le lieu à partir duquel j’aime à me projeter et à me déployer, c’est le ventre, le centre du corps, le Hara.Lorsque celui en qui et avec qui je chemine ma reconnaît, me cultive, et apprend à se servir de moi, je peux devenir mélodie pure de l’être ou de l’âme, participer à la grande alchimie de la vie humaine et au cheminement de l’homme vers son devenir.

Jacques Bonhomme


Cette voix impalpable, comme un second visage. Ces fils de soie ténus, empreinte de vérité. Parfois violents torrents, au débit terrifiant. Et parfois apaisants, comme une onde, comme le vent. Voix, comme une plume plongée dans l’encre sanguine. Qui parle de la douleur, les fêlures de la vieEn harmonie avec notre âme, elle nous montre la voie.

Anne-Marie Gallet (stagiaire)


Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur. Notre PEUR la plus profonde est que nous sommes PUISSANTS au-delà de toute limites.
C’est notre propre LUMIÈRE et non notre OBSCURITÉ qui nous effraye le plus.
Nous nous posons la question:Qui suis-je, moi, pour être brillant, radieux, talentueux et merveilleux?
En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être?
Vous êtes un enfant de Dieu.
Vous restreindre, vivre petit ne rend pas service au monde.
L’illumination n’est pas de vous rétrécir pour éviter d’insécuriser les autres.
Nous sommes nés pour rendre manifeste la Gloire de Dieu qui est en nous. Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus, elle est en chacun de nous,et au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière,nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même.
En nous libérant de notre propre peur, notre puissance libère automatiquement les autres.

Marianne Williamson, extrait du discours prononcé par Nelson Mandela lors de son intronisation à la présidence de la république sud-africaine en 1994

 Au cœur du corps sonore

Par le son en soi, de l’autre
Aller à la rencontre, de soi
Explorer…
Oser explorer, portés par le profond de soi 
et l’élan avec l’autre
Rencontrer l’indéfinissable vibration commune
Quitter quelques instants les mots pour tisser le son
Inspirer, inspirés, résonner plus que raisonner
Ecoute en soi, écoute en ceux, écoute en son
Rencontrer notre cœur ensemble   
Oser le laisser faire vivre et faire son
Chemin

Chemin
Aller à la rencontre l’un de l’autre
Par le son en soi
Explorer…
Oser explorer, portés par le profond de soi
Oser inspirés par l’élan avec l’autre
Rencontrer l’indéfinissable vibration commune
Quitter quelques instants les mots pour tisser le son
Former et surfer la vague, ensemble, ensembles
Percevoir les ondes de chant, s’y mouvoir, s’émouvoir
Nager, soutenir, s’envoler, plonger, décoller
Oser, vibrer, déployer
 »Aidér, »  »aimér »… oser
Oser vérité, beauté
Ecoute en toi, écoute en ceux, écoute en son
Ecoute en soi, écoute en eux, écoute en chœur
Rencontrer le cœur ensemble
Bonté divine
Au mille lieux de soi plus qu’à mille lieues de toi
Divine beauté
Oser le laisser battre et faire vivre
Et devenir son, enchanté

Patrice Vignoud

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